
Il y a soixante ans jour pour jour, le 4 juillet 1946, à
Caudéran, dans la banlieue de
Bordeaux, s’éteignait
Sante Garibaldi, petit-fils du
Héros des Deux-Mondes, des suites de sa déportation dans les camps de la mort, notamment au
Lager de Dachau, entre 1943 et 1945. Né en 1885 à Rome, il avait déjà combattu au service de la France en 1914-1915 en
Argonne, où deux de ses frères,
Bruno et
Costante ont trouvé la mort. Émigré en France après la prise de pouvoir par
Mussolini, il s’engage dans la Résistance après l’armistice de 1940. Son action pendant la guerre et sa déportation par la Gestapo lui valent d’être déclaré "
Mort pour la France" et de se voir décerner, à titre posthume, la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur.
Lundi 3 juillet, à 17 heures, au
Forum-Fnac de Nice, sa fille
Anita Garibaldi Jallet, ancien Maître de Conférence à l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, et
Arturo Colombo, professeur émérite à l’Université de Pavie, présenteront le livre qu’ils viennent de consacrer à
Sante Garibaldi, sous l’égide du
Comité International pour le Bicentenaire de la Naissance de Garibaldi dans le cadre des manifestions préliminaires à "
2007 Année Garibaldi" à Nice.
Trois phases scandent la vie de Sante Garibaldi : son histoire commence en 1885, année de sa naissance à Rome, et se conclut le 4 juillet 1946, à Caudéran, prés de Bordeaux.
Le premier temps est celui du combat : dés l’automne 1914, il accourt en France et participe, avec ses frères, à l’engagement en Argonne. Il exprime ainsi cette pleine solidarité avec la France qui restera une constante dans ses choix.
Il y a ensuite le temps d’entreprendre, en terre de France : à la tête d’une société de travaux publics, France et Colonies, installée à Vérteillac, en Dordogne, il construit notamment le grand stade municipal de Bordeaux.

Sante Garibaldi au cours d’un meeting antifasciste à Bordeaux en 1938.
Enfin, il y a la Seconde Guerre Mondiale, la plus dramatique, la plus déchirante. Dès 1939, Sante accentue son action à la tête du mouvement garibaldien démocratique. La Gestapo l’arrête le 24 juin 1943 et l’enferme au Fort du Ha, à Bordeaux. Transféré à Angers, il connaît alors la terrible réalité des prisons et des camps, jusqu’au Lager de Dachau où il arrive en septembre 1944. Libéré le 24 avril 1945, il meurt à Caudéran, des suites de son internement, le 4 juillet 1946. Déjà titulaire de la Croix de Guerre et Chevalier de la Légion d’Honneur pour son engagement en 1914-1915, le Président de la République Vincent Auriol lui décerne, à titre posthume, la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur le 30 décembre 1948.
Trois phases, qui, toutes, témoignent de la continuité, de la cohérence d’un itinéraire humain, professionnel et civil au fil duquel il est toujours possible de saisir, de reconnaître, très distinctement, les éléments constitutifs de ce qu’on définit justement comme la tradition démocratique garibaldienne.